Te Fenua Enata : les Marquises, la terre des
Hommes ! Nous arrivons depuis les Tuamotu à Fatu Hiva, l’ile la plus au
Sud et la moins peuplée (600 habitants). Des falaises abruptes et hostiles, témoins
de l’origine volcanique de l’ile, sont recouvertes malgré tout d’une végétation
verdoyante et se jettent dans la mer ; il y a 2 petites vallées seulement ;
une entrée spectaculaire est réservée aux bateaux (pas d’aéroport) dans la baie
de Hanavave, précieusement gardée par ses colonnes de basalte majestueuses.
Après la nav pas si facile de 4 jours, en redécouvrant ce décor grandiose, ces
terres mythiques chèrement gagnées, les souvenirs d’il y a 7 ans affluent… Lili
en a les larmes aux yeux.
1ère virée à terre, c’est le moment de
ressortir le kayak pour débarquer : la houle monte et descend d’un mètre le
long du quai, pour laisser le dinghy il faudrait mettre une ancre arrière et
tout ça, alors que hop c’est bien plus pratique de remonter le kayak à terre.
L’endroit est réputé pour ses rafales donc on arrive toujours +/- trempé et
salé, mais ça fait partie du jeu. On remonte la rue, on échange des
« Kaoha » (le bonjour marquisien) et des sourires, on s’extasie
devant les jardins colorés de plantes ornementales en tout genre (auti,
crotons)… et dont les arbres ploient sous leurs fruits ! Ca fait un moment
que pour manger des fruits, on allait chercher dans les conserves, alors on demande
à des villageois si on ne pourrait pas avoir 1 ou 2 pamplemousses. Mais bien sûr,
et puis tiens vous n’avez qu’à prendre ce régime de bananes, et un gros paquet
de bananes séchées tant qu’à faire… voilà le début d’une routine dont on
n’arrive toujours pas à se lasser. Quelques détails pour se rendre
compte :
Difficile de ne pas se lier d’amitié avec Véronica qui nous
voyant marcher devant chez elle, nous hèle : venez, entrez donc. On
s’assoit, elle vide direct sa corbeille de fruits dans notre sac cabas (règle
n°1 aux Marquises : toujours avoir de quoi transporter ce qu’on va te
donner), nous sert deux sortes de gâteaux, on discute, et on finit par repartir
avec une barquette de poisson cru au lait de coco.
C’est chez elle qu’on improvise le réveillon du nouvel an, le
matin pour le soir. On débarque au quai munis de nos bouteilles de vin et du
désormais immanquable gâteau citron-pavot (merci Maylis). On a environ 200m à
faire. Le problème c’est qu’en une semaine, on a eu le temps de se livrer à une
activité que les Polynésiens adorent : discuter avec eux, les écouter
–Pierre, particulièrement, excelle en la matière. On s’arrête donc presqu’à chaque
maison pour saluer (« ah mais je vous ai cherché ce matin, je voulais vous
inviter pour un barbecue ce midi »), et plus on avance, plus notre charge
s’alourdit (bananes féi par ci, mangues par là). Comme en outre on part le
lendemain pour rejoindre l’ile voisine de Tahuata, on ressort de chez Véronica
avec 3 colliers de coquillages ou de graines chacun (cadeau d’au revoir
traditionnel) –en plus des restes de la dinde au four et du pain coco.
On finit par repérer dans cette générosité un genre de
canevas. Si tu dis bonjour (le Kaoha prononcé à merveille par Lucas fait encore
mieux effet) et que tu parles 5 min, tu auras vraisemblablement 3-4 papayes. Au
bout de 10 min, artillerie plus lourde genre pamplemousses. 15 min, on te sort
quelque chose de plus rare, style kava (comme un gros letchi ou longan). A
20-30 min, ça parle marquisien pour dire un truc du genre « va chercher du
cochon –de lait ou sauvage - au congèl et donne-leur un bout ».
Mais tu
peux aussi te faire prendre par surprise, genre à Hanatefau, le bateau voisin Milo
one nous prévient : y’a mama Tehina qui nous invite à déjeuner demain,
vous venez ? On n’a tellement rien comme réserve dans notre frigo –pas
besoin, ça fait des jours qu’on se fait nourrir par les habitants- qu’on décide
de préparer une salade vietnamienne de papaye verte (avec sauce nem, menthe et
cacahuètes pilées). On apporte tout le nécessaire, sauf… la papaye verte, qu’on
trouve heureusement en abondance dans l’arrière cour de Tehina. Culotté mais
pas si risqué… On y mange le meilleur carpaccio de poulpe de la terre entière,
avec 5 ou 6 autres plats succulents, tout ça préparé « à l’arrache »
2h avant.
On était en effet parti pour confirmer le déjeuner à 8h du mat’ ; mais avant de descendre dans le kayak, les dauphins rappliquent dans la baie. Bon, on est obligé d’enfiler masques et tubas et de nager un coup avec eux, y’en a tellement plein qu’il y a toujours un groupe pour venir nager devant tes yeux. Ensuite, on arrive à terre : oh un cheval ! Lucas est à fond comme d’hab, du coup Tei’i, le propriétaire, fait monter le puce à cru, rejoint bientôt par sa maman… voilà, le temps de faire le tour du village, il est 10h quand on prévient Tehina qu’on vient manger chez elle. Elle a bossé des années dans un restau chinois à Tahiti… et en 2h elle nous concocte un tas de merveilles culinaires.
On était en effet parti pour confirmer le déjeuner à 8h du mat’ ; mais avant de descendre dans le kayak, les dauphins rappliquent dans la baie. Bon, on est obligé d’enfiler masques et tubas et de nager un coup avec eux, y’en a tellement plein qu’il y a toujours un groupe pour venir nager devant tes yeux. Ensuite, on arrive à terre : oh un cheval ! Lucas est à fond comme d’hab, du coup Tei’i, le propriétaire, fait monter le puce à cru, rejoint bientôt par sa maman… voilà, le temps de faire le tour du village, il est 10h quand on prévient Tehina qu’on vient manger chez elle. Elle a bossé des années dans un restau chinois à Tahiti… et en 2h elle nous concocte un tas de merveilles culinaires.
Bon, après ça on va penser qu’on ne fait que bouffer aux
Marquises : pas faux, mais ne vous inquiétez pas on pense aussi à profiter
des paysages splendides et aller explorer les sentiers. Familiaux ou + corsés,
ça dépend si Lucas a école. Les photos vous attendent dans l'onglet.




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