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| Hanavave, Fatu Hiva |
2ème étape, Amanu – Fatu Hiva, l’ile des Marquises la plus au vent (à l’Est), et donc la plus difficile à atteindre. Mais une bonne fenêtre de vent d’Est s’annonce le 20 décembre, nous voilà prêts à avaler encore 450 milles. 6h55, on se fait éjecter de la passe avec un courant sortant de 6 nœuds. 12 nœuds de vent réel dehors pour s’amariner (soit plutôt 17 de vent apparent comme nous sommes au près), puis journée avec pas mal de grains, des refusantes (le vent tourne dans le mauvais sens), des molles, ça repart, ça tape aussi : le bateau se cabre dans les vagues pour retomber en piquant du nez +/- violemment (bim… BAAAM). Le 21 au soir et pendant 36h, bien loin de toute terre ou motu habité, Lili nous fait une grosse éruption cutanée, des plaques de boutons apparaissent sur toutes les parties du corps par vague, comme si les jambes, puis le dos, les bras, etc avaient été roulés dans les orties. Ca gratte malgré les anti histaminiques, on ne sait pas pourquoi c’est arrivé ni comment c’est parti. Entre la pièce qui a cassé et le souci médical, on se rend compte de notre isolement et qu’on n’est que très peu de chose sur le vaste océan…
Mais Vanille continue de tracer sa route, essuie encore un grain, petite pointe de vitesse à 9,5 nœuds. « Zut les lignes de traine se sont emmêlées », « Mais non c’est un poisson ! ». Un joli wahoo rayé (thazard) plus long que Lucas. Miam miam les bons sashimi, vindaye et compagnie en perspective (Lili attendra un peu car ses boutons l’ont rendue méfiante sur tout ce qu’elle ingurgite). Pef a juste le temps de prélever les filets, hop on met tout ça dans des tupperware, gros coups de seau d’eau dans le cockpit pour laver le chantier, c’est vite plié et ça tombe bien car un autre grain nous arrive dessus !
On serre le vent, qui a forci, jusqu’à la fin. Avec notre cata on marche à 65° du vent réel, c’est le mieux qu’on puisse faire, en dessous on perd de la vitesse et on dérive plus qu’autre chose. La dernière nuit avec 25 nœuds au près, 2 ris dans la grand voile et génois en partie roulé, le Captain n’arrive pas à fermer l’œil car à chaque grosse vague, BAAAM, il souffre pour son bateau. Notre admirable puce, dans la cabine avant (l’endroit où les sensations « rodéo » sont à leur maximum), est en lévitation par intermittence mais dort -enfin on imagine- sans broncher. Il sort juste à un moment faire pipi et retourne sagement d’où il vient sous le regard ébahi de sa maman qui est de quart.
Et le 24 décembre à 10h, en cette veille de Noël nous affalons les voiles peu avant l’entrée de l’extraordinaire et splendide baie des vierges à Fatu Hiva, reconnaissants pour cette navigation un peu ardue mais qui nous donne le sentiment d’avoir en quelque sorte « mérité » cet endroit qui ressemble au paradis ! Après ces derniers temps de « disette » aux Tuamotu et en nav concernant les produits frais, sitôt avoir mis pied à terre, on reçoit avec gratitude les pamplemousses, mangues, bananes, avocats, papayes et citrons que les habitants ne manquent pas de faire pleuvoir sur nous. Kaoha nui les Marquises !




