Pour le dernier jour d’école de l’année 2018, c’est portes ouvertes : allons-y ! Des élèves de primaire présentent des exposés sur l’équilibre alimentaire, la fabrication de compost. On joue, on danse. Le puce est à fond, ça fait plaisir ; pour un Polynésien de 4, 8 ou 15 ans, danser en rythme ou faire une chorégraphie c’est pas la honte, c’est juste naturel. Puis en équipe, on doit composer des repas équilibrés, à l’aide d’images-ingrédients. A part le dessin de brocolis qui a été confondu avec des abricots, et qu’au petit dèj on ne met pas de poisson (contrairement à l’habitude des Paumotu), il y a plein de fruits et légumes dans les menus, et maitresse est très stricte : une glace (ou produit gras et sucré) par semaine, pas plus !
Mise en application immédiate à la pause de 10h avec des gâteaux en pagaille, et au déjeuner de fin d’année auquel nous sommes gentiment conviés : dans les assiettes, 2 énormes bouts de viande prennent toute la place, avec un bon coup de ketchup, du riz, … et environ 3 grains de maïs. Du Tang (jus en poudre reconstitué) mais pas d’eau à table, et gâteau en dessert bien sûr.
Le soir, pour la fête de l’école, les enfants costumés, couronnés et parés de colliers de fleurs présentent des chants, des danses et une pièce de théâtre. Au 1er chant, Lucas qu’on a (un peu) poussé parmi ses camarades, veut soudainement faire pipi et, paniqué, fond en larmes en appelant sa maman – un peu trop ambitieux de le faire participer au spectacle après 2,5 jours d’école. Mais surprise, un papa Noera (père Noël) bien bronzé et bien jeune sous sa barbe fait son apparition. Il distribue des sacs de bonbons (on en est à 3 sucreries par jour, là !) et des cadeaux ; il était un peu en speed, du coup Lucas reçoit 1000F dans une enveloppe.
Ce papa Noera ressemble fort au Tavana (maire) du village. Le Tavana, François, s’avère aussi être l’infirmier (qu’on visite suite à la blessure de guerre de Lili), et il se marie bientôt. Grosse teuf en perspective car la population de l’ile (200 habitants) va passer pour plusieurs jours de festivités à… 600 ! Sans compter les voiliers qui sont naturellement invités. Sachant qu’aucun avion ne se pose dans l’atoll et qu’aucun gros bateau n’entre dans la passe, imaginez la logistique ; l’atoll de Hao est tout de même à quelques dizaines de milles.
Il va ainsi falloir gérer l’eau pour tout ce monde, et surtout le ma’a (la bouffe). Aline et Adrien, amis du maire, partent en mission sur leur catamaran avec 4 mecs du bled, direction l’atoll fermé (sans passe) et non habité de Tauere. 3 jours pour attraper le plus de langoustes possibles qui y grouillent, de poissons pélagiques, de poissons de récif qu’il faut aller harponner (pauvres énormes Napoléon), de crabes de cocotier à piéger, et tutti quanti ; tout en faisant des quarts de nuit car il est impossible de jeter l’ancre. La fine équipe revient chargée à bloc... on peut presque les sentir avant de les voir ! Dans
Dans leur cargaison, ils ramènent aussi… 2 habitants « perdus », laissés sur l’atoll désert 3 ans auparavant par un bateau militaire et « oubliés » depuis. Ca faisait 6 mois qu’il n’avaient plus « rien » (plus de farine, plus de café, plus d’allumettes, rien) : juste du poisson et des cocos. On parle à l’un d’entre eux mais il est loin de nous, comme dans un rêve…
Entre les pêcheurs qui rentrent au village et se stoppent au bateau pour nous donner sans plus de manières des belles bonites, le poisson du large qu’Aline et Adrien partagent avec nous, et celui que Pef va chasser, on en devient presque des Paumotu (à manger du poisson au ptit dèj).
Comme on a eu la flemme de prendre des photos, on vous en a mis 3 du drone d’Aline à Fakarava. A bientôt !



Waaaah! Bonne anniversaire Lili !
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