Malo ! Il ne s’agit pas de la ville bretonne du Saint, fief de Surcouf, mais bien du « bonjour » qui est de mise aux Samoa, ainsi qu’à Wallis où nous sommes actuellement.
Nous étions en mer lors du post précédent, en route vers Suwarrow dans les iles Cook. Ce n’est qu’au beau milieu de la 5ème nuit de navigation que nous arrivons aux portes de l’atoll ; les feux de tête de mât des voiliers copains nous font de l’œil, mais nous n’allons pas nous risquer à traverser la passe ni à mouiller dans le corail de nuit. Pas envie de poireauter non plus jusqu’au lever du jour. Encore un empannage, et nous entrons dans les GPS notre nouvelle destination : Apia aux Samoa, soit 500 milles à courir. Encore 4 jours de mer, avec des prévisions météo favorables.
Favorables, dans une certaine mesure car pendant les 8 jours qu’aura duré la traversée, on a constamment le vent pile dans le dos. C’est moins pire que pile de face, mais le bateau ne descend qu’à 150° du vent (et non 180) et notre trajectoire fait donc des zig et des zag. Autrement dit, en mode ski : on slalome au lieu de faire du tout schuss ! Pour réaliser un meilleur cap, on essaie bien de sortir notre nouveau spi d’occase, mais 10 minutes ne sont pas écoulées qu’il craque sur quelques dizaines de cm. On réalise qu’en termes d’angle au vent, notre choix de rallier les Gambier plutôt que les Marquises depuis les Galapagos avait été judicieux. 18 jours ‘tout droit’ c’est bien assez, on s’est épargné les zigzag. Le capitaine en tire toutefois des enseignements et songe à l’équipement de son prochain bateau : « pour le vent arrière, il me faut un gennaker (grande voile d’avant légère et enroulable facilement) ou un parasailor (spi à caissons, aisément maniable), ainsi qu’un bon radar pour voir venir arriver les grains de nuit – et réduire la toile en conséquence ». Pour l’heure, pas de radar, pas de spi, un petit génois ; soyons patients (et un bisou par empannage ou prise de ris, ça aide à rester de bonne humeur).
Il y a 2 Samoa, à l’Est les iles sous administration américaine, à l’Ouest les indépendantes, là où l’on va. On prend soin non seulement de changer d’heure car nous avançons toujours plus à l’Ouest, mais aussi de jour, puisque nous franchissons la ligne de changement de date. Contrairement au Philéas Fogg de Jules Verne, nous sautons un jour. Le 8 aout n’a jamais existé pour nous, on est passé direct au 9.
On trouve aux Samoa un excellent accueil de la part des habitants ; c’est bel et bien encore la Polynésie. Où ailleurs ferait-on demi tour pour te prendre en stop, roulerait-on 20 minutes de plus, et t’inviterait-on à déjeuner le lendemain ? Apia est une ville qui ne paie pas de mine mais fière de sa culture, avec plein de services, des marchés colorés et vivants, une gare routière grouillante. On s’y régale de uru et taro cuits au four samoan (similaire au four polynésien mais hors sol), de chow pow (banh bao disent les Viet, brioches fourrées à la viande cuites à la vapeur) et de palusami : bourses de jeunes feuilles de taro contenant lait de coco bien crémeux et oignons. L’ile montagneuse d’Upolu nous offre un visage très verdoyant, arrosé de nombreuses rivières et cascades, peu dense, où sont dispersés quantité de fale (prononcer falé, grande hutte) où se tiennent les conseils des villages.
On serait (comme d’habitude) bien resté un peu plus longtemps, mais la météo nous pousse à lever les voiles pour Wallis. On a rajouté des photos dans l’album Iles sous le Vent, mis celles de Mopélia et celles des Samoa arrivent !










