mercredi 15 août 2018

Tahiti et Moorea, escales à terre



Nous voici sur Tahiti, après une navigation un peu éprouvante pour les nerfs : pas de vent, un peu de spi, du moteur et du moteur… au moins n’a-t-on rien cassé, pas comme dans la nav précédente où la drisse de grand-voile avait pété, puis la balancine, utilisée en drisse de secours, qui avait été sectionnée à son tour. On avait pu régler ça à Makemo.

Au sommet de l'Aorai
Bref, l’escale à Papeete (la capitale) est bienvenue pour faire le plein de nos cuves vides de gasoil, et le plein d’eau. Vanille a droit à un grand dessalage-nettoyage de printemps, et nous retrouvons le plaisir de boire de la vraie eau (régime eau de pluie ou eau du dessalinisateur de Balanec depuis des mois). Sans parler du choc de mettre à nouveau les pieds dans une grande surface : aux Gambier, on ne peut pas rentrer dans les magasins, il faut rester au comptoir et pointer du doigt chaque item, rigoureusement inscrit à la main dans un cahier à lignes, avant que le total soit fait à la calculette. Moderne, on peut payer par carte bleue à partir de 30€ (pratique sachant qu’il n’y avait pas de distributeur de billets dans l’ile…).

Va'a à l'entrainement
A terre donc, dans la proche « banlieue » de Mahina, la Gadjo family (l’Agathe-Jo) nous accueille comme des rois. Ils nous emmènent au spot de surf en bas de chez eux avec panoplie de moorey et planches à disposition, nous permettent d’aller explorer l’ile et combler notre manque de montagne : Aorai, vallée de la Fataua, de la Papenoo… On est au rendez-vous pour les championnats du monde de vitesse de va’a (pirogue polynésienne) et surtout, on découvre les superbes spectacles du Heiva, dans 3 configurations différentes.

On en prend plein les yeux sous les spots de la place To'ata, 4 show, 4 heures en mode Las Vegas. Puis en pleine nature au sein du marae (ancien site sacré) d’Arahurahu, avec une évocation réjouissante du thème de la pierre dans la mémoire et la vie quotidienne des hommes des temps anciens : pierre qui pile le uru pour la fabrication du popoi, pierres utilisées dans la pêche collective au caillou, pierres sacrées sous forme de tiki… Et enfin, dernière rasade de Ori Tahiti (c’est-à-dire la danse tahitienne) au plus proche de nos yeux émerveillés, dans les jardins du musée de Tahiti en bord de mer, avec la belle Moorea, l’ile sœur, en arrière fond. Les danseurs et les danseuses évoluent au son des percussions, soit dans des tamure ou paoti frénétiques, soit de manière si harmonieuse, douce et unique avec les mille gestes gracieux des bras et des mains qui se déploient et s’enroulent ; et comme dans une fourmilière géante, ils vont et viennent et sautillent à petits pas, s’alignent et se mélangent.

Les pics de Moorea
 Avec leurs costumes mirifiques, flamboyants, coiffés de hautes toques plus raffinées et grandioses (et plus lourdes) les unes que les autres, les danseurs ne bougent quasiment pas les épaules et la tête. Mais les more (jupes en lanières d’écorce de purau) frétillent sans discontinuer autour des hanches sveltes et mouvantes, les ornements de cheville ou de poignets portés par les hommes accentuent les mouvements virils et souples à la fois, les colliers de coquillages cliquettent. On ne se lasse pas d’admirer le détail des costumes en végétaux –fleurs multicolores ou tiare blanc éclatant, écorces, feuilles tressées ou en couronne, graines, tiges, ainsi que les nacres sculptées ou les coquillages porcelaine… chaque élément est fait main et demande des heures de patience et de travail. Les visages rayonnants, si gracieux, qui récitent les paroles des chants tahitiens, les corps luisants sous l’effort, les poitrines qui halètent, les longs cheveux noirs lâchés qui ondulent, la grâce de ces pieds nus, chaque détail nous remplit d’admiration. Le son des pahu (tambours) et des toere aigus qui accélèrent, changent de rythme, repartent de plus belle, ou des flutes lascives qui accompagnent la déclamation des himene, tout cela nous maintient en haleine jusqu’à l’apothéose du tableau final.

Champ d'ananas à Moorea
Pour suivre Agathe et Joël, il faut se plier assez rapidement à leur rythme famille nombreuse-amis nombreux, où les apéros et repas à 15 ou 20 (dont la moitié d’enfants) sont de norme. On fait ainsi la traversée Tahiti-Moorea, l’ile sœur, à 12 sur Vanille. Et on continue sur la même lancée, puisque les loustics ont aussi une maison et un paquet de potes sur Moorea.
Double album photo en ligne, par contre va encore falloir attendre pour les photos du Heiva...