Un mois ½ qu’on est arrivé aux Gambier, le temps
file ! On a trouvé un rythme sympa, avec Lucas qui va à l’école la
semaine, et les WE ainsi que les ponts de Mai sont mis à profit pour explorer
les iles « hautes », ou bien les motu -bancs de sable plantés de
cocotiers et bordés de barrière de corail, qui « ferment » par
endroits le grand lagon des Gambier. Un super terrain de jeu, varié et à 1 ou 2
heures maxi du village.

Nous découvrons ainsi Tarauru Roa, où le bleu turquoise du
mouillage parsemé de patates de corail n’a rien à envier un atoll des Tuamotu.
En paddle avec son papa, Lucas observe par transparence de jolis requins de
récifs (pointe noire, pointe blanche), des raies et toutes sortes de poissons.
De retour au bateau, il compulse notre guide illustré des récifs coralliens de
Tahiti pour retrouver et pouvoir nommer ce qu’il a vu ! En PMT dans la
passe, le spectacle est grandiose : maitres de ce joli jardin de coraux
durs, tout de suite 4-5 pointes blanches viennent s’enquérir de ces visiteurs
palmés (ok les gars, on va ranger tranquillement le fusil), puis du plus grand
au plus petit, des mérous d’1m de long (d’accord les gros, on va pas vous
bouffer, vu votre taille et votre assurance vous devez être claffis de
ciguaterra*), des perroquets, tamourés et autres becs de canne, et toute une
palette d’anges et de papillons colorés.

Dans les iles, Aukena, Taravai, Akamaru, on commence à
connaitre la poignée d’habitants, toujours accueillants et qui, toutes affaires
cessantes, viennent discuter avec plaisir. On fait le plein de fruits à tous
les coups, parfois même on doit décliner !
-Les classiques, « systématiques », qui tombent littéralement par
terre car, 1. gens ne les mangent pas : les pamplemousses, ou 2. il y en a
trop : les uru (l’emblématique fruit à pain, pomme de terre locale),
les citrons et les bananes. Pour ces dernières, le jeu est d’enclencher la
mission cueillette de manière suffisamment organisée pour avoir à bord des
jaunes en permanence (donc des vertes en avance).
- Les évidents, qui font tellement partie du décor qu’on
« oublie » de nous les proposer : noix de coco et papayes, soit jaunes
(délicieuses en dessert, arrosées de jus de citron) ou vertes (non moins exquises
rapées en salade vietnamienne avec sauce nem + cacahuètes pilées, et ainsi le
seul fruit qui, encore vert, se mange en légume)
- Les peu courants mais quand même abondants : oranges amères (pour des
jus), caramboles subtiles mais sucrées, et avocats extra crémeux au goût incomparable
(dommage la saison vient de se terminer).
- On a même trouvé des grenades, dans la sous-catégorie « prenez tout car
je ne mange pas ça », quelques goyaves piquées par les mouches des fruits,
et de rares fruits de la passion. Sans parler des mangues et des letchis, mais
faudra attendre l’été austral prochain.

Niveau pêche, on a chopé des bonites à la traine en
navigation dans le lagon, Pef sort aussi son harpon pour prendre des perroquets
ou des chirurgiens noirs à queue orange, les seules espèces normalement indemnes
de ciguaterra partout aux Gambier. *La ciguaterra (aussi connue sous le nom de
« gratte ») est une algue qui se développe sur des coraux abimés,
soit de manière naturelle (cyclone) ou humaine (cassure lors de diverses
constructions), et qui se retrouve dans la chaine alimentaire : les
poissons prédateurs notamment l’accumulent et deviennent toxiques pour l’homme.
Mais il n’y a pas de règle absolue et ici on peut manger l’espèce A mais pas B,
et juste à côté, B mais pas A… donc ce qui prévaut : dans le doute, ne pas
manger !
Et sinon, on peut aussi aller chez les pêcheurs acheter des poissons du
large : espadon fondant, mahi mahi (dorade coryphène) ou thon. Je dis
acheter mais à plusieurs reprises on a remballé notre porte monnaie,
« voilà c’est cadeau » « non pas besoin, tu paieras une autre
fois ».

Au bout d’un mois, on a enfin eu quelques jours de
vent : pas trop tôt les alizés ! Vite, direction Tauna, « le
meilleur spot de kite des Gambier » selon Laurent qui a pas mal trainé ses
ailes dans le coin. Et non, on n’est pas déçu : mignon petit motu et
longue langue de sable, ça kite au vent et sous le vent de cette langue, de
l’eau turquoise en quantité non négligeable et des petites vagues sans trop de
corail en dessous pour s’amuser… pendant que Lucas et ses copains de
CéKankonVaoù jouent à la plage et cherchent des bernard l’ermite. Parfait.
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