mardi 26 juin 2018

Choisir, c'est renoncer

Nous sommes donc en route vers les Marquises, euh non, les Tuamotu ! Tout ça à cause du dernier apéro à Taravai avant de prendre la mer, qui nous a fait changer d'avis pendant la nuit...

Au départ on pensait aller d'archipel en archipel en privilégiant les navigations au portant, c'est à dire vent dans le dos, l'allure la plus confortable (ou du moins les nav ou on aurait perdu le moins possible au vent) : on serait "descendu" des Marquises aux Tuamotu pour se retrouver dans la Société -Tahiti et ses iles- pendant la saison cyclonique, qui s'étend de décembre à mars environ. Or en saison cyclonique dans ces parages-là, comme le nom l'indique, il y a des risques de dépression et le temps est pluvieux, chaud et humide. Pas forcément l'idéal !

Alors qu'en choisissant de filer maintenant vers Tuamotu puis Société pour passer ensuite la saison cyclonique aux Marquises, on a certes un gros désavantage : il faudra remonter au vent, ce qui en général n'est pas facile surtout avec un cata (pas maran). Mais on profitera de la Société à la bonne saison (relativement fraîche, agréable pour les randos, et surtout ensoleillée) ; et puis, passer l'été austral aux Marquises n'est pas idiot, car la zone se trouve hors du passage des cyclones. En outre il y a moins de houle et il y fait plus sec en début d'année qu'en juillet. On se fera ainsi moins secouer au mouillage et moins embêter par les nonos, ces petits insectes aussi appelés sandflies qui sont l'équivalent de moustiques en 100 fois pire.

Bref, voyager en bateau, c'est être libre de changer complètement de programme suite à un apéro, mais c'est également pas mal de contraintes (météo notamment).

Le matin du départ, samedi dernier, on saute donc dans l'annexe pour parcourir les 20m qui nous séparent de nos désormais inséparables Balanec. Réunion au sommet, vous êtes partants les gars ? Jean Marie nous avait dit la veille (on avait commencé à partager nos hésitations sur le programme) : "je suis open minded". Et Gaëlle de conclure : de toute façon, tout est bien... Allez roule ma poule, on se retrouve dans 5 jours ! Mais avant ca, il faut impérativement faire une grosse razzia de fruits à terre. Y'en aurait eu plein aux Marquises, mais aux Tuamotu où sable et cocotiers règnent sans partage, faut se lever tôt pour voir un fruit ! Du coup les citrons et les pamplemousses valent de l'or... ou plutôt des langoustes (de l'ordre de 5 pour une poignée de citrons si le taux n'a pas changé...). On file illico à terre où, comme l'a si bien décrit Gaëlle, nous faisons les courses en brouette - prêtée par Hervé qui a tout de suite capté nos besoins. Et h
op que
je te coupe un régime de banane par ci, hop une 20aine de pamplemousses par bateau ca ira? Une caisse de grenades, citrons et picarettes (oranges amères), quelques goyaves et papayes pour compléter le panier : parés !

Après 3 mois de glande et de mini-nav au moteur dans le lagon des Gambier, pas facile de se remettre dans le bain, la houle, les quarts et tout ça, mais on devrait arriver à l'atoll de Makemo demain ou après demain. Il faut bien calculer son atterrissage dans ces grandes couronnes de corail échancrėes d'une passe ou 2, c'est à dire entrer ou sortir à l'étale car les courants de marée, qui remplissent ou vident le lagon, peuvent être de 6 à 8 noeuds. Position le 27/6 à 1h00 UTC : 18°01 S, 141°30 W.

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