dimanche 11 novembre 2018

Fantastique monde sous marin à Tikehau et Rangiroa

Sable blanc ou sable rose ;
Bleu turquoise, bleu profond ou bleu vert cristallin des eaux du lagon ;
Frange verte de la ligne des cocotiers : ces 3 éléments simples composent notre décor aux Tuamotu.

Sitôt arrivés à Tikehau, nous nous pointons à l’école. Le directeur accepte Lucas pour le jour même, puis sachant qu’on est arrivé en voilier, ne manque pas de s’enquérir des conditions de la passe (y a –t-il des vagues ? en gros : puis-je aller surfer après les cours ?).

Pour nous, direction les clubs de plongée. Cousteau aurait dit que Tikehau est l’atoll le plus poissonneux du monde, mais on n’a pas vraiment besoin de ce genre de slogan pour vouloir s’immerger. Comme on a envie de rester un moment ici, et pour joindre l’utile à l’agréable, on se lance dans la formation pour le niveau 3 de plongée (une dizaine de plongées et des cours théoriques, pour pouvoir être autonomes en binôme à 60m de profondeur). Cathy du voilier Appel d’air se joint à nous pour le N3, pendant que son mari Seb s’occupe gentiment d’aller chercher Lucas et ses propres enfants après l’école. On sympathise également avec Gilles et Herenui, la tatie qui garde toute la marmaille (incluant sa fille) entre midi et 2 car il n’y a pas de garderie à ce moment-là. On ne manque pas de faire chez eux des barbec’ biens garnis de poissons du lagon (peu de ciguaterra dans les parages), c’est la belle vie tranquille des iles.


On plonge donc à l’unique passe de l’atoll, où se concentrent en effet une quantité incroyable de poissons et autres animaux sous-marins. Pour les exercices d’orientation sous l’eau, voici le genre de directives : « on se met à l’eau, on traverse la passe en biais ; à la boule de carangues, on tourne à gauche, on rejoint le tombant et on retrouve le bateau ». La boule de carangues, ce sont des milliers de carangues qui tournent sur elles-mêmes, créant une sphère de 5 ou 10m de diamètre… magnifique. C’est la 1ère fois qu’on voit des carangues échevelées, elles sont toujours au rendez-vous, translucides et argentées, leurs nageoires dorsales et ventrales se prolongeant majestueusement en longs et fins filaments. Les napoléons (énormes labres bleu vert) sont légion. On voit tortues, murènes, requins gris, pointes blanches un peu partout, mais aussi des murs de barracudas. Sans parler des perches pagaies qui grouillent de partout, des gros balistes olivâtres, des anges royaux, des idoles des maures rayées jaune et noir, et autres papillons, perroquets multicolores, chirurgiens bleu gris ou noir, nasons. Les coraux ne sont pas trop mal mais passent au second plan…

Agathe, Joel et les 3 enfants profitent des vacances pour revenir quelques jours à bord : on les emmène au spot des raies manta où, logiquement, nous nageons avec elles. Pef en profite pour faire une nouvelle razzia de poissons (encore un mérou marbré –non gratteux !- et même un poulpe). On rallie ensuite l’atoll voisin de Rangiroa en une nav de nuit au moteur. Les gosses qui ont passé des heures dans l’eau ou sur leur petit motu à jouer aux pirates et observer les oiseaux, ne font pas long feu ; à 18h30, mal de mer aidant, plus personne sur le pont !


A ‘Rangi’, on se fait une petite virée au Sud pour une session de calme absolu, coucher de soleil fabuleux dans un dédale de hoa, plages désertes et massif coralliens surélevés… avant un punch au lait de coco maison de circonstance.

Puis on entame les choses sérieuses : plonger ! 1ère immersion de Pef, descente dans le bleu à 38m. il aperçoit requins gris et requins ‘tapete’. Oh ! un vol de raies de léopard. Telles des oiseaux en formation, les 30 (30 !!) raies nagent de façon synchrone. Il se retourne, voilà 2 dauphins qui remontent droit vers la surface, pareils à des apnéistes. Coup d’œil à l’ordinateur de plongée : ça fait 3 minutes seulement qu’il est dans l’eau. La palanquée se dirige vers la passe, croisant d’énormes barracudas et 2 thons dents de chien. Le moniteur fait signe de se retourner : un mur de requins gris attend face au courant. Tout le monde se fait aspirer par le courant entrant, passant au-dessus de canyons, s’arrêtant quelques instants dans une grotte remplie à ras bord de poissons. Ca accélère, Pef entre à toute vitesse dans des bancs d’ature, des petits poissons argentés qui ressemblent à des sardines. Des milliers de points brillants fusent de partout, on se croirait dans la guerre des étoiles. Les plongeurs dévalent dans le courant pendant 15 belles minutes avant que le calme ne revienne, et qu’ils retrouvent la surface. Etait-ce un rêve ? Non, mais vite vite allons réserver un max de plongées !


Au tour de Lili. Le courant est sortant, on reste donc à l’extérieur de l’atoll, à mi distance entre le bleu (pleine eau, très profond) et le tombant, guettant les dauphins. On entend leurs petits cris, ils sont quelque part… Les perches pagaies, rassemblées en cette période de reproduction, évoluent tranquillement, en petits bancs ou en grandes colonnes qui s’étalent de 2 à 50m de profondeur, comme des tornades lentes. Des barracudas, des napoléons et des petits requins, mais à part ça « rien » -on serait presque déçu. Pas grave on remet ça l’après-midi – un drôle de sentiment nous prend, sommes-nous en train de devenir accro à la plongée ?

2ème mise à l’eau. Super, des dauphins arrivent ! Bon, ils ne font que passer mais laissent un peu de magie dans leur sillage. Pef aura la chance de pouvoir jouer avec eux : il y a 3 ou 4 individus, parmi le banc habituel de dauphins sédentaires, qui viennent vraiment au contact de l’homme et sont manifestement demandeurs de caresses (nous aussi nous étions par principe réticents à les toucher).
L’exploration se poursuit, d’un coup le moniteur palme à fond la caisse, wouhaa un énooorme requin tigre ! 3 fois plus long et volumineux que les gris qui semblent bien ridicules à côté. Puis 5 raies léopard croisent notre route, l’une d’elle remonte vers nous. Je guette les accélérations, nous sommes à 40m, 10m au-dessus du bien nommé « plateau à marteaux ». Bim ça y est, foncez, requin marteau !!! Il passe sous nous, nous laissant admirer sa tête incroyable en forme de T qui lui vaut son nom. Le courant entrant nous emporte, on passe devant la grotte où se cache un napoléon immense d’1m50, on ne sait plus où donner de la tête… palier dans 2 m d’eau parmi un banc de poissons inconnus, c’est déjà fini. Avant la prochaine.

Des photos vous attendent dans l’onglet. On décolle bientôt vers d’autres lieux mythiques de la plongée, Fakarava notamment. Puis à partir de décembre on se préparera à rejoindre les Marquises pour la saison cyclonique.

1 commentaire:

  1. Ça donne vraiment envie de venir plonger la bas...mythique fakarava lieu sublime pour les amoureux de la plongée...J adore toujours autant vos récits :)

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