vendredi 7 décembre 2018

Scotchés à Fakarava


Voilà donc un moment qu’on tourne et vire dans ou aux proches alentours de Fakarava, un des atolls les plus grands de Polynésie française (30 milles de long et 12 de large), et un des plus peuplés : 850 âmes. Quoi de neuf sous le soleil ? De la chaleur qu’on trouverait presque incommodante ; mais l’école est juste en face du quai où l’on débarque : 2 bonnes raisons pour continuer sur notre monomanie du moment, plonger !

Un petit coup à la Passe Nord, pour une dérivante courant entrant qui nous emporte dans une valse, que dis-je un tourbillon de requins gris. Bras tendus vers l’arrière, il ne nous manque plus que la cape, on vole comme des super héros par-dessus les canyons tapissés de coraux. En fin de plongée, on descend dans l’un d’eux, baptisé Ali baba, pour se mettre à l’abri du courant et recouvrer le calme. On entre au ralenti dans des nuées de perches pagaies et de mata’ana’ana immobiles, elles sont si denses qu’on ne voit pas au travers… difficile de communiquer à la monitrice la pression d’air qu’il nous reste ou le ‘no deco time’, oui dur dur…

Changement d’ambiance en plongée nocturne à la Passe Sud. Autant les requins gris, de jour, effectuent leurs rondes tranquillement et en ignorant superbement les plongeurs, autant de nuit, ils sont à 200% en mode chasse, circulent comme en accéléré et te frôlent ainsi par mégarde. Des flots incessants chargés de requins se déversent et tournoient autour de nous, sous nos pieds et sur nos têtes en un ballet infernal. L’un des bestiau débusque-t-il un malheureux poisson caché dans le récif, c’est la ruée pour tenter d’arracher un bout de chair, une cohue folle qui dure quelques secondes, et les requins surexcités attendent avec impatience la prochaine mêlée qui s’annonce frénétique. Encore ébahis par ce spectacle saisissant, hors du temps (40 minutes qui semblent avoir duré 2 minutes ou 2heures), on remonte doucement en surface et on éteint les lampes. Pas une ride sur l’eau, pas un bruit, la lune ronde nous baigne de sa lumière irréelle. Fantastique.

Rassasiés de plongée, avec en tête de belles images pour au moins quelques années, on part explorer le lagon. Certes on ne boude toujours pas le snorkeling, mais le drone de JP nous offre un changement de perspective et des vues aériennes extraordinaires. La chasse est plutôt bonne également, si l’on prend garde de remonter le poisson avant que les requins ne rappliquent. Tati, parei’i, ihi, perroquets à bosse, nasons, mérou marbré… le captain prend soin de varier les matières premières. La seconde peaufine ses recettes et réalise avec succès des hume tare sauce vanille (la moindre des choses en fin de compte, vu le nom du bateau). L’atoll voisin de Faaite nous ravit également pour sa beauté, un accueil chaleureux et un spot de snorkeling/chasse des plus fournis. La routine quoi.

Après 4 mois d’apéros sans Balanec, on retrouve enfin les copains à Hirifa, pour fêter un quadruple anniversaire : celui du captain et du mousse de Vanille (nés à 1j d’écart), celui de Noémie du bateau Appel d’air, et de Scott de Zumovia. A 6 ans, Noémie reçoit un coffret clés et embouts multifonction (son père en a marre qu’elle lui pique son matos de bricolage) et à 11 ans, Scott a droit à un fusil de chasse sous marine en cadeau… classe ! Pour passer le temps, on alterne slackline sur la plage, kite (voire tentative de foil pour Pef) ou happycat (petit catamaran gonflable bien fun que Zumovia a mis à disposition des copains). Pour prolonger les festivités/faire plus ample connaissance, on invite tout le mouillage pour des apéros dinatoires sur Vanille. 4 ou 5 bateaux, 15 et 18 personnes à bord dont plein de marmailles, ça passe bien sûr !
Les Duyck bien excités

Allez voir les super photos de drone, de plongée etc ; on attend que le vent tourne pour pouvoir regagner les Marquises via 1 ou 2 atolls + à l’Est sur la route.

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