samedi 3 février 2018

Coco (drilo), pagres, kite et (bonne) compagnie : San Blas 2ème épisode



Nous avons bel et bien trouvé Un inconvénient majeur aux San Blas, quelque chose qui pourrait ressembler à un bout de bois à la surface de l’eau, mais à y regarder de plus près (à la jumelle) un peu crénelé, et, indice infaillible, qui remonte au vent : le crocodile, si, el cocodrilo ! Quand tu barbotes tranquille dans 20cm d’eau sur la langue de sable blanche d’Isla Verde avec les eaux turquoises environnantes et le bruit de la barrière de corail en arrière-fond, et que l’heure de l’apéro au coucher de soleil se rapproche franchement, tu n’as pas envie qu’une annexe déboule tout d’un coup et te hèle : sortez Lucas de l’eau !! y’a un croco !!! Mais si. Et lorsque tu observes ledit croco traverser le mouillage et rester attendre à 10m derrière un bateau, tu penses que tu pourrais très bien être en train de prendre ta douche sur la jupe et sauter à l’eau pour te rincer… bref, 2ème rencontre, ça refroidit ! Pour la petite histoire, ce croco a ruiné une séance shooting de 2 nanas qui débarquaient d’un super yacht à ce moment-là, et Nadine pense avoir reconnu Lili Rose Depp. Un des mecs escorteurs sur son jet ski est allé voir l’animal de plus près et s’est exclamé « it’s fu**ing huge ! »
On trie dorénavant les spots selon qu’ils sont croco-safe (pas de mangrove, que du sable et du corail) ou pas (auquel cas on ne se baigne pas).
Il n’empêche que la pêche continue. Enfin surtout pour Vanille, l’autre bateau Vanille qui depuis 7 ans pratique de manière assidue la chasse sous-marine et pour qui le comportement de chaque espèce de poisson n’a pas de secret. Ils nous font le coup 2 fois : une 1ère où ils partent chasser, à peine le dos tourné qu’ils reviennent à fond la caisse en piquant droit sur notre bateau. Bim, un super pagre jaune ! « On peut s’inviter chez vous pour le manger ? –ouais pas de problème ! ». 2ème fois aux Coco Bandero, Tom part chasser avec Pef. Visiblement ce dernier n’a même pas le temps d’entrer dans la passe, Tom ressort avec un gros bazar trop lourd pour sa flèche (elle se tord sous le poids du bestiau). Oh my god encore un énorme pagre ! « Oui oui, ben venez le manger chez nous ! » On est 7 à diner à chaque fois et on n’arrive pas à en venir à bout.


Comme les alizés sont enfin revenus -on a eu pas mal de temps pluvieux jusqu’ici- il est temps de sortir le matos de kite. Nouveauté depuis quelques années ici, cette activité est interdite (comme la pêche d’ailleurs, sauf qu’on est un peu plus flag en kite), on se fait donc briefer par les habitués : sortir naviguer de 6h30 à 8h30, et de 16h30 à 18h30 (car après y’a apéro). C’est l’occase de se refamiliariser avec les manips (décollage du bateau, atterrissage à l’avant ou à l’arrière du bateau, éviter de faire des gros paquets de nœuds dans les lignes), tout ça pendant que Mireille et Jean Pierre, nos nouveaux convives, jouent à la ferme avec Lucas / bricolent sur le bateau (respectivement).
En effet, ces invités en or nous ont apporté dans leurs 23*2 kg de bagages, environ 22*2 kg de matériel pour le bateau (dont un spi ! = spinnaker, très grande voile fine, 86m², qu’on met à l’avant du bateau par petit temps, et qui pèse déjà 19kg). Pendant que Mireille fait du pain ou des desserts, JP a visualisé notre liste de choses à faire et entreprend de la défoncer méthodiquement. Avant toute chose, il range (vraiment) les caisses à outils ; on prend sur nous pour ne pas s’offusquer car avant leur arrivée on a passé des heures à laver le bateau et à le ranger ! Puis, il remplace le loch et le sondeur, change l’hélice du hors bord, répare l’aileron de la planche de surf, répare l’espèce d’entonnoir qui récupère l’eau de pluie, change la jonction d’ancre et marque la chaine (1 repère à 10m, 20m, etc jusqu’à 60), bricole le hublot des WC qui a cassé, installe un système pour empenneler une 2ème ancre en cas de vent très fort, entreprend de reboucher les éclats de gel coat (notre « carrelage »), etc.
Voici donc la recette du ceviche de poisson-perroquet : vider le poisson, lever les filets (pas besoin d’écailler, surtout que les écailles font la taille d’une pièce de monnaie !), les faire tremper quelques minutes dans l’eau de mer (« truc » appris en Polynésie), rincer et couper en petits bouts.
Marinade : jus de citron, câpres et gingembre coupés en petits morceaux, sel poivre et filet d’huile d’olive. A servir éventuellement avec un ramequin de sauce soja et wasabi. Sinon, les jours de disette (quand on n’a pas l’autre Vanille sous la main, qu’il y a kite ou qu’on revient bredouille de la pêche), on peut toujours acheter des langoustes ou des crabes au prix du poulet de batterie… c’est pas ici qu’on va dépérir.


Le p’tit moussaillon de son côté a enfin trouvé des copains. 1er essai avec des enfants Kuna pas du tout concluant, le puce s’agrippait aux jambes de sa maman en chouinant alors que la petite fille l’avait déjà élu son « novio » (fiancé). Avec les petites filles de Balanec et les ptits gars de CéKanKonVaOù, tous Français, ça va beaucoup mieux- après les inévitables 20 min de mutisme. Et ça tombe bien, tout ce beau monde s’en va aux Gambier !
Nous projetons de passer le canal de panama vers le 17-20 février. Merci pour les textos iridium, mais certains nous arrivent tronqués. Le meilleur moyen de communiquer ici est par WhatsApp (et en + y’aura une réponse), au +33 768053199. On a complété les photos sur l'album San Blas ! (Merci  a posteriori pour les photos de Xav et Marco, et à Plume pour les dernières).



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